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Dès la naissance de notre « number one », nous avons été intrigués par cette sensation bizarre que notre vision de l’éducation ne semblait pas traditionnelle.
Il fallait visiblement ne pas trop porter bébé, le laisser pleurer sinon il serait capricieux, le mettre dans un parc, l’allaiter mais pas trop longtemps quand même, tout stériliser sans trop savoir comment stériliser les seins, acheter de grosses poussettes tout confort ne laissant plus de place pour les courses dans le coffre….
Il fallait également le guider dans ses choix afin qu’il ne commette pas d’erreur !
Pourquoi l’éducation « traditionnelle » nous paraît-elle si loin de la nôtre ?
Pourquoi avons nous cette conviction que ce tout petit être devant nous est notre égal, capable de raisonner, de choisir, de s’intéresser…. alors que la société nous pousse à penser qu’il doit être guidé, bridé, éduqué suivant un code bien précis ?
Pour trouver des réponses à nos questions, nous nous intéressons aux pédagogies alternatives : Montessori, Freinet, Steiner-Waldorf, Decroly.
S’ensuivirent de nombreuses heures à lire et relire les fondements de chaque pédagogie, leurs recherches, leurs histoires…. Toutes sont intéressantes et source de réflexion.
L’une d’elle nous paraît correspondre en grande partie à notre approche : la pédagogie Montessori souvent décrite ainsi : « Apprend moi à faire tout seul ». Basée sur la liberté, l’auto-discipline, le respect du rythme de chacun, l’apprentissage par l’expérience, le fait que l’éducation soit une aide à la vie et que nous ne sommes, nous éducateur, qu’une aide à l’enfant pour lui permettre d’atteindre la confiance en soi et l’épanouissement.
Maria Montessori écrivait : « L’enfant n’est pas un vase que l’on remplit, mais une source que l’on laisse jaillir ».
Il ne s’agit pas de prôner le « tout Montessori » mais bien de s’inspirer des études déjà réalisées pour développer notre propre approche pédagogique.
Le matériel Montessori étant souvent coûteux, l’idée est alors de s’inspirer de ce qui existe dans le commerce pour « bricoler nos propres ateliers ». Cette pédagogie n’était à l’origine pas une pédagogie élitiste, bien au contraire. Elle doit aujourd’hui rester accessible à tous !
Une balle de préhension Montessori ?
Pas de soucis : quelques morceaux de tissus dans le placard et un oreiller déchiré pour le rembourrage feront l’affaire. Modèle unique, tout en matériel recyclé, avec un soupçon de fierté de l’avoir faite soi même et un résultat impeccable qui plaît aux enfants puisqu’ils jouent toujours avec.
Planter des graines, arroser les plantes, transvaser un liquide d’un contenant à un autre….
Au final avec un peu d’imagination et de bricolage, on peut faire beaucoup d’activités d’inspiration « Montessorienne » avec ce qu’on a dans les placards.
Nos enfants sont donc tous élevés de la même manière et avec cette même inspiration : ils aiment faire le café et surtout appuyer sur les boutons des machines dès leur plus jeune âge, cuisiner, jardiner, bricoler, découvrir, apprendre, comprendre…
Une nouvelle question se pose : comment réussir à faire perdurer l’épanouissement de nos enfants dans cette soif d’apprendre tout en abordant les apprentissages plus scolaires ?
Le choix du mode d’instruction a été un long cheminement, une réflexion basée sur ce que l’on souhaite apporter à nos enfants, sur les choix qui s’offrent à nous, nos droits, nos devoirs….
Nous voilà donc en quête d’informations, se renseignant auprès de professionnels de l’enseignement, d’associations promouvant l’instruction en famille, participant à des festivals de pédagogies alternatives, échangeant avec la précédente école de nos deux premières.
Trois options s’offrent alors à nous quant à l’instruction de nos enfants pendant le voyage :
–> Le CNED avec l’obligation d’inscrire nos enfants en inscription libre donc coûteuse et toujours avec cette même problématique d’une approche pédagogique très scolaire ne répondant pas à nos attentes : les mêmes leçons à apprendre par cœur, les mêmes exercices, les mêmes évaluations qu’à l’école.
Il nous faudrait en plus recevoir et renvoyer par courrier la majeure partie des cours et évaluations, ce qui nous imposerait une logistique bien lourde comparée à la valeur ajoutée de ce choix.
–> Les écoles privées par correspondance, souvent coûteuses. Ce choix nous imposerait les mêmes problématiques logistique et pédagogique que le CNED bien que certaines écoles proposent des pédagogies différentes.
–> L’instruction en famille …
Nous y voilà ! Il semblerait que ce choix soit le bon, celui qui correspondrait à nos attentes, qui nous permettrait de mettre en place cette fameuse pédagogie permettant à nos enfants de s’épanouir, d’apprendre à aimer apprendre!
Mais comment ça marche ? Quels sont nos droits, nos devoirs ? Comment être certains de ne pas omettre l’enseignement de certaines notions indispensables?
En France, l’instruction est obligatoire, pas l’école !
Albert Einstein a d’ailleurs dit : « Nous passons 15 ans à l’école et pas une fois on nous apprend la confiance en soi, la passion et l’amour qui sont les fondements de la vie ». Quel grand homme !
Nous sommes libres de choisir d’instruire nos enfants différemment. Voilà donc la réponse quant à nos droits.
Et nos devoirs alors ? Instruire nos enfants ! Cela nous paraît évident. Notre obligation est alors de leur permettre d’atteindre les niveaux de fin de chaque cycle au fur et à mesure de leur évolution. Parfait ! Nous ferons en sorte que cet objectif soit atteint.
Côté administratif, rien de très compliqué : une déclaration à la mairie, une autre à la DSDEN de notre département.
Nous achetons quelques manuels scolaires pour connaître les niveaux de chaque cycle et potassons un peu : surtout pour réapprendre certaines règles de français oubliées depuis 20 ans.
Tout est bouclé, à nous de jouer. A nous de remplir notre part du marché et d’apprendre à nos enfants à aimer apprendre !
Concrètement, l’instruction en famille ce sont des ateliers, des visites, des expériences, des découvertes, des jeux….
La conjugaison, la grammaire, l’orthographe…. pas très digestes toutes ces notions à apprendre par cœur. Et pourquoi pas une visite de parc animalier ?
Le lien entre les deux ?……l’apprentissage de toutes ces notions de français tout en découvrant le monde animalier, ses secrets, ses merveilles. Nous voilà au parc de Courzieu près de Lyon. Nous informons nos deux plus grandes que le travail de la semaine suivante consisterait en un exposé de la visite ; ce qui ne gâche en rien leur journée, bien au contraire ! De retour à la maison, nous leur expliquons comment réaliser un brouillon, monter un plan et les laissons travailler en équipe sur la rédaction de leur exposé. Elles ont retenu des dizaines d’informations pourtant parfois complexes. Nous corrigeons les erreurs, les expliquons.
Cette visite nous a permis d’aborder de nombreuses notions d’orthographe, de grammaire, de conjugaison, d’écriture, de dessin….
tout en permettant à nos enfants de développer leurs compétences d’écoute, de concentration, de travail en équipe….
Quel bonheur de les voir satisfaites et fières de leur travail et d’entendre notre n°3 nous dire qu’il veut aussi « travailler ».
Toute les notions sont abordées de la même manière.
La géométrie ? Pas très sympa de tracer des figures sur un papier à carreaux, puis sans carreaux….. Et si on faisait de la couture ? Une boîte de mouchoirs peut être ? Il nous faut deux carrés (toujours en tissu de récup’). Comment définit-on un carré ? Que veulent dire les termes « perpendiculaires », « parallèles », « angles droits »…. une fois toutes ces notions définies, il s’agit de passer à la couture, avec la machine bien sûr. Quel beau travail de motricité fine et quel bonheur de voir nos enfants émerveillés par le résultat d’une figure géométrique.
L’anglais, le calcul ? Pas de soucis. Organisation d’une brocante surprise dans le salon avec des acheteurs anglophones (pour apprendre le vocabulaire) et francophones, des négociations, des rendus de monnaie…. Le café à la buvette y est un peu cher mais on fera avec!
Et quand on leur demande « Vous avez fait quoi aujourd’hui ? », ils nous répondent : « on a joué toute l’après-midi à la brocante ! ».
Ont ils joué ou sont ils en train d’apprendre à aimer apprendre ?